Comment fonctionne un poêle à bois à postcombustion ?

Le chauffage représente environ 62 % de la dépense énergétique d’un foyer. Le prix de l’énergie ne cesse d’augmenter. Faire des économies devient alors essentiel.
Même si se chauffer au bois reste abordable, les technologies évoluent pour obtenir un meilleur rendement du combustible.
C’est le cas du système de poêle à bois double combustion. Alliant écologie et économie, comment fonctionne un poêle à postcombustion ? Découvrez les explications et avantages de cet appareil en détail.

Qu’est-ce que la postcombustion ou double combustion ?

La combustion d’un appareil de chauffage au bois est la réaction chimique qui se produit entre le combustible, le bois, et le comburant, l’oxygène. Le phénomène de combustion se produit à température élevée.
Un poêle à bois à double combustion fonctionne avec une combustion en deux temps. D’abord la combustion des bûches et des granulés, et, dans un deuxième temps, la combustion des gaz résiduels de la première combustion : pyrolyse et gazéification.
Un poêle à simple foyer à convection n’utilise pas la totalité de l’énergie dégagée par la combustion des bûches ou granulés. La postcombustion permet d’exploiter la totalité de l’énergie de combustion en brûlant aussi les gaz. Le rendement énergétique du poêle à bois est ainsi grandement amélioré.

Un poêle à bois géré par un système de 2 entrées d’air

Les poêles à double combustion fonctionnent comme un poêle turbo, à la différence qu’ils possèdent 2 chambres de combustion. Ce type de poêle à bois bûches ou granulés a 2 arrivées d’air. Il restitue la chaleur à la pièce par convection. Lors de l’allumage, les arrivées d’air sont ouvertes au maximum. L’arrivée dite primaire, au niveau du cendrier, permet la combustion vive et une montée en température rapide.
Lorsque la température du foyer est optimale, environ 600 °, c’est la seconde arrivée d’air qui prend le relais après fermeture progressive de la première. Les gaz en partie haute du foyer sont ainsi brûlés. On parle de combustion complète.

Les règles d’une double combustion efficace

Quelques règles sont à respecter pour obtenir des résultats performants avec ce type de poêles :

  1. Toujours utiliser du bois de qualité et sec dont le taux d’humidité est inférieur ou égal à 20 %.
  2. Pour un rendement performant, toujours charger le poêle à bois en fonction de la puissance nominale du modèle de poêle. Pour une puissance calculée en kW, il faudra charger tant de kilos de bûches ou granulés.

Les avantages d’un système de poêle à double combustion

Un poêle à bois à postcombustion revêt plusieurs avantages :

  • Une performance énergétique accrue avec l’utilisation quasi totale de l’énergie combustible.
  • Une pollution moindre, puisque pratiquement tous les gaz nocifs sont brûlés en postcombustion.
  • Un entretien facilité : conduits, vitre et foyer s’encrassent moins vite.

L’inconvénient à souligner est la faible inertie du poêle qui le dote d’une autonomie restreinte.

Un appareil de chauffage économique

Avec un poêle à bois à double combustion, la consommation de bois ou de granulés est réduite de moitié. La quantité de bois au chargement est 2 fois moins importante par rapport à un poêle classique ou une cheminée. Mais un maximum de chaleur est restitué à la pièce.
L’achat ou l’installation du poêle à bois postcombustion est de plus éligible aux aides de l’état. Appareil de chauffage à énergie renouvelable, vous bénéficiez d’un crédit d’impôt, d’une TVA réduite et d’une prime énergie entre autres aides.

Un poêle à bois écologique

Le système postcombustion augmente le rendement énergétique et limite la pollution lors de l’évacuation des fumées. Près de 90 % des gaz et particules nocives sont brûlés.
Quand un poêle à bois classique rejette entre 40 et 80 g de polluant par heure, un poêle à double combustion en rejette seulement 5 g. Il atteint aisément le rendement exigé par le label Flamme Verte pour un foyer bois fermé. Son autonomie est de 5 à 15 heures.
Les fumées transparentes lors de leur évacuation sont un moyen facile de vérifier l’impact écologique. Ou encore un insert, une vitre qui restent propres plus longtemps.

Quels modèles de poêles à postcombustion choisir pour sa maison ?

Cette technologie s’adapte à différents modèles de poêles à bois comme les poêles à convection ou de masse. Une grande variété de produits existent à divers prix et matériaux (acier, fonte, faïence).
Les prix oscillent entre 400 euros pour un modèle en acier et 3 000 euros pour un modèle fonte et faïence.
La majorité des poêles à double combustion ont un foyer en fonte. La fonte a une bien meilleure inertie que l’acier.
La chambre triple enveloppe propose un confort amélioré. Les poêles sont aussi plus silencieux.
Le contrôle d’air du poêle des 2 chambres de combustion se fait via une télécommande ou un bouton.
Des options améliorent l’expérience d’utilisation, comme une vitre autonettoyante ou un cendrier amovible. Certains sont dotés d’un four et exploitent la chaleur pour la cuisson d’aliments.
Le choix de la puissance de l’appareil est fonction de la taille de la maison et du besoin en chauffage. La puissance des modèles à postcombustion varie entre 5 et 20 kW avec un rendement de près de 80 %.

Vous avez chez vous un poêle à bois classique ? Utilisez la méthode d’allumage top down. C’est une alternative à la double combustion.
En allumant le feu par le haut, les bûches brûlent de façon plus homogène. Les gaz de la combustion du bois brûlent aussi. L’évacuation des fumées est de fait beaucoup moins polluante.

Expert poêles à bois