Mon poêle à bois ancien a-t-il fait son temps ?

Original, esthétique, robuste, chargé d’histoire… Nombreuses sont les raisons de prolonger l’utilisation d’un poêle à bois ancien. Cependant, ses qualités ont pu s’altérer au fil du temps, et ce quelque-soit la variété de combustible employé (bûches, bois déchiqueté…).
Une taille inappropriée, un rendement décevant, un impact écologique à l’opposé des normes actuelles voire un système de sécurité inexistant constituent de bons indicateurs pour reconnaître un poêle à bois qui a fait son temps.
Pour comprendre en quoi ces signes de vieillesse portent préjudice à votre installation, il suffit de comparer les performances de votre ancien poêle à bois avec celles des dispositifs récents. Efficacité, fonctionnement économique, protection de l’environnement : quelques pistes pour savoir si son poêle à bois est trop vieux.

Votre poêle à bois ancienest-il adapté à la surface à chauffer ?

Vous êtes l’heureux propriétaire d’un mythique poêle à bois Godin d’époque, voire d’un authentique poêle Mirus qui, en son temps, fut le meilleur poêle à bois de sa génération. Son inimitable style vintage et sa robustesse vous poussent à lui offrir un sursis.
Pourtant, sans être un pro du chauffage au poêle, vous sentez bien que ce vieux poêle à bois céramique ou en fonte émaillée ne donne pas les résultats espérés. La raison provient certainement de son inadaptation à la taille de la surface à chauffer.
Vous avez agrandi ou surélevé votre maison : la puissance de votre poêle à bois n’est pas suffisante pour vous chauffer convenablement. Au contraire, vous avez redistribué l’espace ou optimisé l’isolation de votre habitation : votre poêle à bois ancien — trop puissant — a dû tourner au ralenti ce qui l’a détérioré.

Votre poêle à bois ancien est-il étanche ?

Lorsque votre poêle à bois ancien a été installé, les règles techniques étaient différentes. À l’époque, on ne parlait pas d’étanchéité et encore moins d’émissions de particules fines. Pour comprendre en quoi l’étanchéité est cruciale, faisons un rapide retour sur le principe de fonctionnement d’un poêle bois. Pour produire de la chaleur, il faut que du bois brûle dans le foyer. Pour brûler, le feu a besoin d’oxygène. En chiffre, 1 kg de bois réclame 9 à 15 m3 d’air pour se consumer. Sur les modèles anciens de poêles à bois, l’oxygène est puisé dans la pièce où il est installé.
Autant dire que cela peut poser un problème de dépression dans les maisons modernes ou rénovées où l’isolation est telle que les fenêtres et les portes hermétiques ne permettent plus aucune infiltration d’air naturelle. Sur les modèles modernes, la prise d’air est faite à l’extérieur (exemple du poêle à bois à ventouse) ou dans le vide sanitaire.
À l’autre bout du processus, une fois que le bois est consumé, le poêle à bois refoule des gaz de combustion. Si votre ancien poêle à bois n’est pas parfaitement étanche, il présente des risques liés notamment au monoxyde de carbone (CO) et aux particules fines.

Le saviez-vous ? Remplacer son poêle à bois ancien permet de réduire entre 2 et 10 fois les émissions de particules dans l’air. Cet écart tient compte de la qualité du combustible, de la façon d’allumer et de conduire son feu, de l’entretien de son poêle à bois…

Êtes-vous satisfait du rendement de votre poêle à bois ancien ?

Le rendement énergétique d’un poêle à bois ancien (datant d’avant 2002) atteint 50 % au maximum.
Aujourd’hui, le rendement énergétique d’un poêle de chauffage labellisé Flamme verte 7 étoiles ou équivalent atteint un taux supérieur à 70 % avec du bois bûche voire 90 % pour certains poêles à granulés.
Un rendement qui peut encore être amélioré grâce à l’installation d’un modérateur de tirage (en conformité avec la norme du conduit de cheminée), d’un système de récupération et de distribution d’air chaud, etc.
En clair, qu’il s’agisse d’un poêle à convection ou à rayonnement, plus le rendement de votre poêle à bois est important, moins vous consommez de bois et mieux vous vous chauffez.

Puissance, étanchéité, rendement… toutes ces raisons expliquent l’attribution d’aides incitatives de l’état et des collectivités pour le remplacement des anciens poêles à bois et l’installation de dispositifs modernes.
Bon à savoir : seul le poêle à bois (poêle à granulés ou à bûches) est pris en compte par ces aides gouvernementales. Le poêle à pétrole ou poêle à fioul, le poêle au gaz et le poêle à charbon en sont exclus, à moins que vous ne souhaitiez en changer pour un poêle à bois neuf plutôt que de partir sur une rénovation.